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Le marché de l’immobilier à l’épreuve du coronavirus

Comment va se comporter le marché immobilier après le confinement  ? A priori, il faudra attendre l’automne pour voir se dessiner une véritable tendance mais au sortir de cette dure épreuve, les professionnels ne se montrent pas trop inquiets. Les digues n’ont pas cédé comme lors de la crise de 2008 où, après dix ans de hausse ininterrompue le marché avait enregistré de brutales corrections. En six mois, les prix du neuf avaient chuté de 28 % sur le logement neuf, les transactions dans l’ancien s’étaient effondrés de 25 % et malgré des taux d’intérêt à 5 %, les banques avaient très fortement resserré le crédit, en perte totale de confiance sur les capacités de remboursement de nombreux candidats à l’accession. Les transactions avaient même chuté à 540.000 dans l’année alors que l’an dernier, en 2019, le million a été atteint dans l’Hexagone.

Avec la crise du Covid-19, on n’est pas tout à fait dans le même scénario. Les bourses n’ont pas été autant secoués qu’en 2008, les banques ne sont pas au bord du naufrage et si les taux d’intérêt ont augmenté, ils sont passés de 1,12 % à 1,50 %, retrouvant ainsi leur niveau de 2019. Pas de quoi actionner les sirènes d’alarme.

Les propriétaires ne trouvent donc pas de raison légitime de baisser leur prix, alors que les candidats à une acquisition estiment, à l’inverse, que chaque crise doit se payer cash. Et donc que le niveau des prix devrait s’en ressentir à la baisse. Ces raisonnements contradictoires pourraient contribuer à gripper un peu le marché, tout comme l’attention redoublée qu’accordent les banques à l’octroi de prêts depuis la pandémie. De même, l’immobilier neuf qui avait commencé à baisser en début d’année, avant l’arrivée du virus, va vivre également des moments compliqués. Sans toutefois atteindre la déprime de 2008 où les vendeurs accordaient non seulement des baisses de prix mais acceptaient aussi parfois de prendre en charge les frais de notaire…

On n’en est pas là et dans certaines régions, l’optimisme est même de rigueur. C’est ce qui est ressorti récemment d’une déclaration de la Chambre des notaires de Bretagne qui estime que la situation de l’immobilier reste solide. Il est vrai que la Bretagne attire beaucoup et le mouvement semble même s’accentuer depuis l’épidémie.

Dans le prolongement du confinement, les notaires ont également observé que les acquéreurs ou locataires d’appartement exigent maintenant de disposer d’un balcon. Logique. Un grand besoin d’air et de soleil après ces deux mois de confinement qui ont marqué les esprits.